Les aliments-réconfort (1/2)

confort

UN ALIMENT-RÉCONFORT, QU’EST-CE QUE C’EST?

Un aliment-réconfort, un aliment-doudou, un aliment qui est un peu plus que de la nourriture, nous en avons tous un (ou plusieurs!).

Un aliment-réconfort, c’est plus qu’un aliment comestible ou même bon au goût.
C’est un aliment qui nous fait du bien, qui nous rassasie sur un plan un peu plus profond que le simple alimentaire, parce qu’il est associé (consciemment ou pas) à des souvenirs, à des états émotionnels, à de l’amour (paternel, maternel, etc.), à des situations rassurantes, etc.

 Manger c’est bien plus que s’alimenter, ou que savourer. La nourriture (et en particulier un aliment-réconfort) a le pouvoir de modifier notre état émotionnel autant que notre physiologie.

Le problème, c’est qu’en passant au mode de vie paléo, on est bien obligé de remettre en question ces fameux aliments “qui nous font du bien”. En fonction de votre motivation et de votre caractère, vous allez opter pour différentes solutions: les plus radicaux abandonneront complètement leur aliment préféré. D’autres essayeront d’en manger une version 2.0 , plus paléo ou plus santé. Et d’autres les réserveront pour les cheat day.

Mais dans tous les cas, vous n’êtes pas obligés de rejeter en bloc le concept d’aliment réconfort! Car, si les choix d’aliments sont subjectifs, les effets sur votre état émotionnel, eux, sont bien réels et bien mesurables. Plusieurs études ont montré que consommer (ou même parler) de son aliment réconfort permet de bloquer en nous les émotions négatives (comme le sentiment de solitude par exemple).

Le plus important, à mon sens, ce n’est pas d’éliminer à tout prix ces aliments, mais plutôt de comprendre comment ça fonctionne, afin de vous en servir le plus intelligemment possible.

UN ALIMENT-RÉCONFORT, COMMENT CA MARCHE ?

SUR LE PLAN ÉMOTIONNEL

Pour grand nombre d’entre nous, la nourriture est associée à des états émotionnels. Ce sont des associations aléatoires, constituées par notre expérience, notre éducation, notre parcours dans la vie.

La nourriture peut jouer le rôle de récompense par exemple (à la cantine de l’école, on gagnait un cornet de bonbons si on aidait les dames de cantine à vider les lave-vaisselles!).

Elle joue un rôle de célébration (à tous mes anniversaires, ma mère faisait une tarte aux fraises.)

La nourriture peut même être une sorte de “pansement” à la douleur (lorsque j’étais malade, on me donnait à manger de la floraline avec un kiri fondu à l’intérieur: je me sentais immédiatement mieux).

Vous avez sûrement aussi des associations de ce type. Nos associations les plus profondes et les plus nombreuses viennent souvent de l’enfance, mais d’autres se créent également au cours de notre vie d’adulte.

 Le canal sensoriel du goût (quel qu’il soit) associé à  un état émotionnel (quel qu’il soit) crée ce qu’on appelle un ancrage.
Plus vous répétez l’association (même goût associé à la même émotion), plus vous renforcez l’ancrage. (Et oui, la madeleine de Proust, c’est un ancrage).

Exemple: Enfant, lorsque vous étiez très triste, votre mère vous faisait votre gâteau préféré: un cake aux pépites de chocolat. Si l’opération s’est répétée souvent,  il y a fort à parier que vous avez créé et renforcé un ancrage sensoriel.

Le goût [cake aux pépites de chocolat] associé à l’état émotionnel [bien-être, amour maternel] forme un ancrage qui, s’il est répété plusieurs fois, sera très fort et perdurera dans le temps.

L’ancrage fonctionne aussi simplement qu’un interrupteur: on appuie sur le bouton et la lumière s’allume. On mange le cake aux pépites de chocolat et le sentiment d’être aimé, choyé, revient.

Plus tard, lorsque vous vous sentirez triste ou seul et que vous chercherez un sentiment de bien-être, ou le sentiment d’être aimé, vous vous dirigerez naturellement vers ce cake, ou ce qui lui ressemble au mieux.

En mangeant à nouveau l’aliment, nous cherchons tout simplement à retrouver l’état émotionnel associé: le sentiment d’amour, de réconfort, d’apaisement, de bonheur, etc. Et ça marche!

SUR LE PLAN PHYSIOLOGIQUE

La plupart du temps, nos aliments-réconfort sont majoritairement constituées de glucides et de graisses (comme par hasard!). Pourquoi?

D’abord parce que les glucides (et – hélas – surtout les glucides raffinés) ont la capacité booster momentanément notre production de sérotonine, le fameux neuro-transmetteur du bien-être. (Du coup, cela nous pousse à rechercher encore et toujours ce type d’aliment afin de retrouver le bien-être associé).

Et ensuite, parce que les matières grasses aussi ont une influence sur l’état émotionnel.

Dans cette étude on montre à un groupe de sujets un film déprimant, ou des musiques tristes. Les sujets qui ont reçu une injection de graisses saturées se montrent moins affectés sur le plan émotionnel (et présente une activité plus faible dans les régions du cerveau associées aux pensées négatives) que ceux qui ont reçu une injection d’eau salée!

SUR LE PLAN SOCIAL

Il y a quelque chose de profondément humain dans l’idée de réconfort dans la nourriture. Depuis des centaines de milliers d’année, les humains créent des liens autour de la nourriture. Offrir à manger en signe d’hospitalité ou en cadeau était primordial pour créer des relations pacifiques et amicales, ou des alliances.

Brian Wansink, un psychologue de la nutrition, explique bien que pour apprendre aux animaux à sélectionner certains aliments et en éviter d’autres (toxiques), le facteur social est primordial à l’apprentissage.

Nous sommes amenés, conduits à manger ce que les gens autour de nous nous présentent comme étant désirable. Parce que le désir est triangulaire et passe par les autres, aussi.

Donc.

Nous pouvons accepter le fait que notre penchant pour les aliments-réconfort est finalement normal, quasi-universel, et qu’il est même parfois utile.

Alors vous allez me dire: Comment faire si notre aliment réconfort n’est pas paléo? (ne vous inquiétez pas: 99% du temps il n’est PAS paléo!)

Comment faire pour permettre à nos ancrages d’exister sans pour autant faire entorse au mode de vie paléo ?

Je vous propose d’en discuter dans un prochain article, très bientôt!

johanne Cammarata Coach Paléo

Johanne Cammarata est Coach Paleo à Lyon
.  Elle offre également ses services de conseils pour suivre le régime Paléo via un coaching à distance. Elle nous fait ses retours d’expérience et distille ses conseils pratiques sur notre
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7 commentaires pour Les aliments-réconfort (1/2)

  1. Stéphane CH dit :

    Es-que ça ne serrai pas plus développé chez la femme que l’homme? J’ai pas un rapport particulièrement psychologique avec la nouriture (si ce n’ait l’accoutumence au cucre que j’ai connue mais c’est différent), une chance sûrement.

  2. johannecpaleo dit :

    non, on remarque souvent des différences dans les choix d’aliments en fonction du sexe (mais cela va avec le facteur social je pense): les femmes se tournent plus généralement vers du grignotage sucré, les hommes vers du salé plus consistants. Mais ce sont des différences un peu grossières qui trouvent toujours leur contre-exemple. mais véritablement le phénomène est loin d’être réservé aux femmes… (et toi, tu as de la chance en effet!)

  3. Dorothée dit :

    Bah oui, moi ce sont les tartines beurrées. Le souvenir de cette délicieuse odeur de pain grillé qui me faisait lever le dimanche matin pour petit-déj avec toute la famille… ça fait six mois que je suis au paléo et que j’ai totalement banni le pain. Mais quand il m’arrive de sentir le pain grillé, mon cœur se soulève, aïe. Mais je ne craque pas, et plus ça va, plus l’odeur suffit à mon bonheur, je ne ressens plus l’envie d’en manger. Mais, bon… je m’autoriserai surement un petit écart un de ces jours…

  4. Yanguse dit :

    Note à moi-même: commencer dès maintenant à choisir des aliments réconfort paléo dès maintenant pour conditionner mes p’tits mecs :p

  5. Ping : La Revue du Net Paleo #37 | Paléo Lifestyle

  6. Ping : 4 Nouvelles erreurs dans votre régime Paléo. | Paléo Lifestyle

  7. J’ai trouvé un aliment doudou paléo! c’est des pancakes paleo sur lesquels je mets du miel c’est troooop bon!

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